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=== Origine === | === Origine === | ||
L'auteur de l'hymne reste anonyme, comme de nombreuses écritures du Moyen Âge. Traditionnellement il était attribué à Venance Fortunat († 609), Ambroise Autpert († 784), Paul Diacre († vers 799), Robert II le Pieux († 1031), Bernard de Clairvaux († 1153) et le reste. Probablement originaire du 8<sup>e</sup> siècle, il apparaît comme un ajout du 10<sup>e</sup> siècle dans deux manuscrits du 9<sup>e</sup> siècle, l’un de Salzbourg maintenant à Vienne et l’autre encore à l’abbaye de Saint-Gall. Son apparition fréquente dans les offices de la liturgie des Heures l’a rendu populaire au Moyen Âge, de nombreux autres hymnes étant fondés sur elle. Le « Ave maris stella » a été très influent en présentant Marie comme une Mère miséricordieuse et aimante. « Une grande partie de son charme est due à sa simplicité ». Le titre « Salut, étoile de la mer » est l’un des titres les plus anciens et les plus répandus appliqués à Marie. L’hymne est fréquemment utilisé comme une prière pour un sauf-conduit pour les voyageurs. | L'auteur de l'hymne reste anonyme, comme de nombreuses écritures du Moyen Âge. Traditionnellement il était attribué à Venance Fortunat († 609), Ambroise Autpert († 784), Paul Diacre († vers 799), Robert II le Pieux († 1031), Bernard de Clairvaux († 1153) et le reste. Probablement originaire du 8<sup>e</sup> siècle, il apparaît comme un ajout du 10<sup>e</sup> siècle dans deux manuscrits du 9<sup>e</sup> siècle, l’un de Salzbourg maintenant à Vienne et l’autre encore à l’abbaye de Saint-Gall. Son apparition fréquente dans les offices de la liturgie des Heures l’a rendu populaire au Moyen Âge, de nombreux autres hymnes étant fondés sur elle. Le « Ave maris stella » a été très influent en présentant Marie comme une Mère miséricordieuse et aimante. « Une grande partie de son charme est due à sa simplicité ». Le titre « Salut, étoile de la mer » est l’un des titres les plus anciens et les plus répandus appliqués à Marie. L’hymne est fréquemment utilisé comme une prière pour un sauf-conduit pour les voyageurs. | ||
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=== Au Moyen Âge === | === Au Moyen Âge === | ||
L'hymne était tellement populaire que l'on comptait, au moins, huit mélodies différentes sur le texte. Parmi elles, celles que l'on chante encore aujourd'hui restent deux. Si toutes les deux emploient le premier mode grégorien, la version in memoriis possède déjà la caractéristique de mode mineur. Celle de ''solemn tone'', qui s'illustre de sa couleur mystérieuse, est très souvent en usage depuis le Moyen Âge. Avec son immense popularité, elle inspira surtout un grand nombre de compositeurs, pour être paraphrasée. À l'origine, cette version solennelle était chantée à la fin des offices des vêpres, avant le cantique Magnificat, lors de grandes fêtes de Sainte Marie. Il est possible que la mélodie en usage actuellement fût issue de la tradition cistercienne. Car, lors de la deuxième réforme cistercienne, c'était saint Bernard de Clairvaux qui fit enrichir le répertoire de l'hymnaire avec de nouvelles mélodies, six ou sept. | L'hymne était tellement populaire que l'on comptait, au moins, huit mélodies différentes sur le texte. Parmi elles, celles que l'on chante encore aujourd'hui restent deux. Si toutes les deux emploient le premier mode grégorien, la version in memoriis possède déjà la caractéristique de mode mineur. Celle de ''solemn tone'', qui s'illustre de sa couleur mystérieuse, est très souvent en usage depuis le Moyen Âge. Avec son immense popularité, elle inspira surtout un grand nombre de compositeurs, pour être paraphrasée. À l'origine, cette version solennelle était chantée à la fin des offices des vêpres, avant le cantique Magnificat, lors de grandes fêtes de Sainte Marie. Il est possible que la mélodie en usage actuellement fût issue de la tradition cistercienne. Car, lors de la deuxième réforme cistercienne, c'était saint Bernard de Clairvaux qui fit enrichir le répertoire de l'hymnaire avec de nouvelles mélodies, six ou sept. | ||
En ce qui concerne la notation, les premiers manuscrits datent du 11<sup>e</sup> siècle. Cela coïncidait à l'époque où les diocèses commencèrent à utiliser les hymnes, mais en tant que liturgie locale. D'où, la mélodie n'était pas fixée. On chantait librement la même mélodie pour plusieurs hymnes. | En ce qui concerne la notation, les premiers manuscrits datent du 11<sup>e</sup> siècle. Cela coïncidait à l'époque où les diocèses commencèrent à utiliser les hymnes, mais en tant que liturgie locale. D'où, la mélodie n'était pas fixée. On chantait librement la même mélodie pour plusieurs hymnes. | ||
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La composition musicale de cette hymne était, à la Renaissance, très florissante. Il faut remarquer qu'il y avait une contribution importante de Josquin des Prés. Sans doute admirateur de cette hymne, celui-ci composa en effet tant son motet à 4 voix avec le texte complet que sa messe parodie ''Ave maris stella''. | La composition musicale de cette hymne était, à la Renaissance, très florissante. Il faut remarquer qu'il y avait une contribution importante de Josquin des Prés. Sans doute admirateur de cette hymne, celui-ci composa en effet tant son motet à 4 voix avec le texte complet que sa messe parodie ''Ave maris stella''. | ||
Parmi de nombreuses compositions, on distingue un véritable chef-d'œuvre ''Vespro della Beata Vergine'' de Claudio Monteverdi publié en 1610. Chantée juste avant le ''Magnificat'', son hymne ''Ave maris stella'' est exécutée en double-chœur à 8 voix. Dans cette pièce, les sept strophes à la base du cantus firmus sont enrichies avec quatre ritournelles, et en structure symétrique. | Parmi de nombreuses compositions, on distingue un véritable chef-d'œuvre ''Vespro della Beata Vergine'' de Claudio Monteverdi publié en 1610. Chantée juste avant le ''Magnificat'', son hymne ''Ave maris stella'' est exécutée en double-chœur à 8 voix. Dans cette pièce, les sept strophes à la base du cantus firmus sont enrichies avec quatre ritournelles, et en structure symétrique. | ||
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== République acadienne == | == République acadienne == | ||
Suite à un référendum d'autodétermination, la [[République acadienne]] fut proclamée le 15 août 1884. Son premier président, Pierre-Amand Landry, fait adopter un décret qui désigne la Commission du drapeau et chant national. Le déroulement du débat à l’Assemblée nationale pour le choix du [[Drapeau de l'Acadie|drapeau]] fut très long et mouvementé lors d’une séance extraordinaire à l’Assemblée nationale le 22 juin 1885. Par la suite, les membres de la commission étaient moins préparés à discuter du choix d'un chant national que celui d'un drapeau. M<sup>gr</sup> Marcel-François Richard, le président de cette commission, ne proposa aucune chanson aux membres de l’Assemblée nationale. | Suite à un référendum d'autodétermination, la [[République acadienne]] fut proclamée le 15 août 1884. Son premier président, Pierre-Amand Landry, fait adopter un décret qui désigne la Commission du drapeau et chant national. Le déroulement du débat à l’Assemblée nationale pour le choix du [[Drapeau de l'Acadie|drapeau]] fut très long et mouvementé lors d’une séance extraordinaire à l’Assemblée nationale le 22 juin 1885. Par la suite, les membres de la commission étaient moins préparés à discuter du choix d'un chant national que celui d'un drapeau. M<sup>gr</sup> Marcel-François Richard, le président de cette commission, ne proposa aucune chanson aux membres de l’Assemblée nationale. | ||
Les membres de l’Assemblée furent très fatigués du débat presque interminable pour le choix du drapeau. Plusieurs ont voulu en finir avec la réunion en proposant que la question de l’hymne soit renvoyée à un autre comité spécial. D’autres ont suggéré de lancer un concours pour la composition d’un hymne national. Une personne suggéra l’hymne français ''La Marseillaise'' qui était déjà populaire chez les Acadiens. Encore une fois, l’atmosphère dans l’Assemblée nationale fut très tendue. | Les membres de l’Assemblée furent très fatigués du débat presque interminable pour le choix du drapeau. Plusieurs ont voulu en finir avec la réunion en proposant que la question de l’hymne soit renvoyée à un autre comité spécial. D’autres ont suggéré de lancer un concours pour la composition d’un hymne national. Une personne suggéra l’hymne français ''La Marseillaise'' qui était déjà populaire chez les Acadiens. Encore une fois, l’atmosphère dans l’Assemblée nationale fut très tendue. | ||
Dans tout ce tracas, M<sup>gr</sup> Marcel-François Richard se leva spontanément et entonne d’une voix grave et solennelle l’''Ave Maris Stella''. Suite à ce spectacle saisissant, l’euphorie gagne l’Assemblée avec une éclosion soudaine de sentiments, des hourras frénétiques et des larmes aux yeux. M<sup>gr</sup> Richard, prenant la parole, exprime l’espoir que des artistes acadiens ou acadiennes donneront bientôt un air national. Le sénateur Pascal Poirier prit la parole et suggéra que l’hymne national était tout trouvé.<blockquote>''« C’est l’air entonné par M<sup>gr</sup> Marcel-François Richard, répété par toute l’assistance, c’est l’air de l’Ave Maris Stella qui se chante dans toutes nos églises.»'' — le sénateur Pascal Poirier</blockquote>Le président, Pierre-Amand Landry, soumit la proposition à l’assemblée. Elle fut adoptée au bruit des acclamations enthousiastes. | Dans tout ce tracas, M<sup>gr</sup> Marcel-François Richard se leva spontanément et entonne d’une voix grave et solennelle l’''Ave Maris Stella''. Suite à ce spectacle saisissant, l’euphorie gagne l’Assemblée avec une éclosion soudaine de sentiments, des hourras frénétiques et des larmes aux yeux. M<sup>gr</sup> Richard, prenant la parole, exprime l’espoir que des artistes acadiens ou acadiennes donneront bientôt un air national. Le sénateur Pascal Poirier prit la parole et suggéra que l’hymne national était tout trouvé.<blockquote>''« C’est l’air entonné par M<sup>gr</sup> Marcel-François Richard, répété par toute l’assistance, c’est l’air de l’Ave Maris Stella qui se chante dans toutes nos églises.»'' — le sénateur Pascal Poirier</blockquote>Le président, Pierre-Amand Landry, soumit la proposition à l’assemblée. Elle fut adoptée au bruit des acclamations enthousiastes. | ||
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Face à la controverse, le gouvernement acadien a voulu inciter les poètes la tâche de composer des vers appropriés en français. | Face à la controverse, le gouvernement acadien a voulu inciter les poètes la tâche de composer des vers appropriés en français. | ||
En 1902, le sénateur Pascal Poirier présenta aux lecteurs de ''L’Évangéline'' la composition de l’abbé Georges Dugas qui se chantait sur l’air de l’''Ave Maris Stella''. La première strophe pour remplacer les vers latins se lit comme suit : | En 1902, le sénateur Pascal Poirier présenta aux lecteurs de ''L’Évangéline'' la composition de l’abbé Georges Dugas qui se chantait sur l’air de l’''Ave Maris Stella''. La première strophe pour remplacer les vers latins se lit comme suit : | ||