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=== Jeunesse et formation === | === Jeunesse et formation === | ||
Philippe de Pastour de Costebelle nait début novembre 1661. Il est baptisé le 3 novembre à Saint-Alexandre dans l'actuel département du Gard en France. Il était le second fils de François-Barthélemy, avocat au parlement du Languedoc, capitaine et châtelain des baronnies de Thorrenc et d’Andance en Vivarais, et de Marie Du Plessis, seconde femme de François-Barthélemy. On lui connaît trois frères : l’aîné Louis, les cadets Joseph et Barthélemy, et une sœur nommée Françoise. | Philippe de Pastour de Costebelle nait début novembre 1661. Il est baptisé le 3 novembre à Saint-Alexandre dans l'actuel département du Gard en France. Il était le second fils de François-Barthélemy, avocat au parlement du Languedoc, capitaine et châtelain des baronnies de Thorrenc et d’Andance en Vivarais, et de Marie Du Plessis, seconde femme de François-Barthélemy. On lui connaît trois frères : l’aîné Louis, les cadets Joseph et Barthélemy, et une sœur nommée Françoise. | ||
[[Fichier:Fort Plaisance.jpg|gauche|vignette|362x362px|Plan des fortifications à Plaisance de 1675.]] | |||
Comme la plupart des petits nobles de province, Costebelle fut destiné à l’état militaire. En 1683, on le trouve à Toulon comme garde de la marine. En 1692, il fut nommé lieutenant et désigné pour la compagnie que son frère Louis de Pastour de Costebelle commandait à Plaisance. Costebelle prend le commandement quand son frère repart en France. Là, il fut immédiatement impliqué dans la défense du port contre les assauts navals anglais dans la première guerre intercoloniale, et se lança dans des expéditions de raids contre les colonies anglaises sur l’île de Terre Neuve. Le 13 mars 1695, il est nommé Lieutenant du roi à Plaisance, en remplacement du baron de Lahontan. | Comme la plupart des petits nobles de province, Costebelle fut destiné à l’état militaire. En 1683, on le trouve à Toulon comme garde de la marine. En 1692, il fut nommé lieutenant et désigné pour la compagnie que son frère Louis de Pastour de Costebelle commandait à Plaisance. Costebelle prend le commandement quand son frère repart en France. Là, il fut immédiatement impliqué dans la défense du port contre les assauts navals anglais dans la première guerre intercoloniale, et se lança dans des expéditions de raids contre les colonies anglaises sur l’île de Terre Neuve. Le 13 mars 1695, il est nommé Lieutenant du roi à Plaisance, en remplacement du baron de Lahontan. | ||
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=== Gouverneur de l'Île Royale === | === Gouverneur de l'Île Royale === | ||
[[Fichier:Forteresse de Louisbourg 3.JPG|gauche|vignette|381x381px|Louisbourg, fondé en 1713, est la capitale de l'[[Île Royale]].]] | |||
On imagine sans peine les difficultés auxquelles le nouveau gouverneur de l’[[Île Royale]] eut à faire face. La première année, 1713–1714, il fallut assurer le logement de plus de 160 personnes au cours de l’hiver. L’évacuation de Plaisance, des autres établissements et des îles Saint-Pierre et Miquelon ne put s’effectuer, par la force des choses, qu’à l’été de 1714. Costebelle lui-même s’embarqua le dernier, à bord du ''Héros'', le 25 septembre 1714. Les vivres manquaient, ainsi que les matériaux pour construire le moindre abri sérieux, et pendant ce temps, de 1713 à 1716, la population atteignit presque 3 000 personnes. | On imagine sans peine les difficultés auxquelles le nouveau gouverneur de l’[[Île Royale]] eut à faire face. La première année, 1713–1714, il fallut assurer le logement de plus de 160 personnes au cours de l’hiver. L’évacuation de Plaisance, des autres établissements et des îles Saint-Pierre et Miquelon ne put s’effectuer, par la force des choses, qu’à l’été de 1714. Costebelle lui-même s’embarqua le dernier, à bord du ''Héros'', le 25 septembre 1714. Les vivres manquaient, ainsi que les matériaux pour construire le moindre abri sérieux, et pendant ce temps, de 1713 à 1716, la population atteignit presque 3 000 personnes. | ||
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=== Décès === | === Décès === | ||
[[Fichier:Philippe de Pastour de Costebelle.png|vignette|Philippe de Pastour de Costebelle.]] | |||
Le 9 août 1717, le gouverneur de l’[[Île Royale]] s’embarqua à La Rochelle sur la frégate ''Atalante'' pour regagner son poste. En cours de route, sa santé devint si mauvaise qu’il éprouva le besoin de dicter, de son lit, un testament à l’écrivain du bord ; c’était le 6 septembre. Épuisé, il mourut peu après son arrivée à Port-Dauphin, tout au début d’octobre. Il laissait sa veuve dans le plus complet dénuement, car s’il avait bien servi son roi, allant jusqu’à tenir table ouverte de ses deniers pour les officiers anglais prisonniers, il ne s’était guère préoccupé de sa propre fortune. Accablée par des créanciers avides, alors que les remboursements qu’elle se croyait en droit d’attendre n’arrivaient pas, M<sup>me</sup> de Costebelle connut une gêne voisine de la misère. Elle repassa en France dès la fin de 1717 pour plaider sa cause auprès du roi et par la suite se retira en Béarn où elle attendit le règlement de ses affaires. Le 20 août 1719, elle convola en justes noces pour la troisième fois avec un seigneur béarnais à l’aise, le chevalier Laurent de Navailles, baron de Labatut. | Le 9 août 1717, le gouverneur de l’[[Île Royale]] s’embarqua à La Rochelle sur la frégate ''Atalante'' pour regagner son poste. En cours de route, sa santé devint si mauvaise qu’il éprouva le besoin de dicter, de son lit, un testament à l’écrivain du bord ; c’était le 6 septembre. Épuisé, il mourut peu après son arrivée à Port-Dauphin, tout au début d’octobre. Il laissait sa veuve dans le plus complet dénuement, car s’il avait bien servi son roi, allant jusqu’à tenir table ouverte de ses deniers pour les officiers anglais prisonniers, il ne s’était guère préoccupé de sa propre fortune. Accablée par des créanciers avides, alors que les remboursements qu’elle se croyait en droit d’attendre n’arrivaient pas, M<sup>me</sup> de Costebelle connut une gêne voisine de la misère. Elle repassa en France dès la fin de 1717 pour plaider sa cause auprès du roi et par la suite se retira en Béarn où elle attendit le règlement de ses affaires. Le 20 août 1719, elle convola en justes noces pour la troisième fois avec un seigneur béarnais à l’aise, le chevalier Laurent de Navailles, baron de Labatut. | ||