Anville
| Anville K'jipuktuk | ||
Vues de Anville (44° 38′ 52″ nord, 63° 34′ 17″ ouest) | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Mi'kma'ki | |
| Type de localité | Ville, Capitale | |
| Maire Mandat |
Caroline Arsenault 2024-2028 |
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| Démographie | ||
| Gentilé | Anvillois et Anvilloises | |
| Population | 435 463 hab. (2025) | |
| Densité | 1 855 hab./km2 | |
| Population de l'agglomération | 554 304 hab. (2025) | |
| Densité | 101 hab./km2 | |
| Géographie | ||
| Altitude | Min. 0 m Max. 241,9 m |
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| Superficie | 23 472 ha = 234,72 km2 | |
| Superficie de l'agglomération | 549 028 ha = 5 490,28 km2 | |
| Fuseau horaire | UTC-4 | |
| Origine du nom | Jean-Baptiste Louis Frédéric de La Rochefoucauld de Roye, duc d'Anville | |
| Fondation | 1763 | |
| Municipalité depuis | 1833 | |
| Device | Gardienne de l'Acadie | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Mi'kma'ki
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| modifier |
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Anville (en mi'kmaq : K'jipuktuk) est la capitale et la plus grande ville de la République acadienne. Anville est nommé ainsi en l'honneur du lieutenant générale des armées navales Jean-Baptiste Louis Frédéric de La Rochefoucauld de Roye (1707-1761), duc d'Anville, l'officier français qui captura la forteresse Louisbourg et participa à la guerre de la Conquête. La ville est fondée en 1763 lorsque l'emplacement situé dans la baie de Chibouctou est choisi pour accueillir la nouvelle capitale de l’Acadie, un territoire d’outre-mer français. Devenue capitale de la République acadienne en 1882, Anville accueille aujourd'hui les institutions fédérales du pays, tels que le Parlement et la résidence de la présidence. En tant que capitale fédérale, Anville accueille en outre 109 ambassades et représentations diplomatiques.
Anville est l'un des plus grands ports de pêche au monde et la plus grande base navale militaire acadienne. Selon les dernières estimations (2025), elle compte 435 463 habitants intra-muros sur une superficie de 235 km2 ; son aire urbaine en compte environ 554 304. L'agglomération de la ville regroupe environ 46 % de la population de Mi'kma'ki et 20 % de celle de la République acadienne.
Histoire
L’établissement humain en dans la région Mi'kma'ki date de la fin de la dernière ère glaciaire, il y a environ 13 000 ans, lorsque des groupes de chasseurs arrivent dans la région pour chasser le caribou. La tradition orale fait de ces chasseurs les pères fondateurs du peuple Mi'kmaq, qui ont occupé un territoire s’étendant de la péninsule gaspésienne à l’île Royale qu’ils appelaient Mi'kma'ki. Les Mi'kmaq ne s’établissent pas de façon permanente, mais se déplacent selon les saisons entre régions côtières, où ils pêchent et chassent durant l’été, et régions continentales en hiver, pour y chasser l’orignal, le caribou, le rat musqué et l’ours. Une des régions côtières utilisées par les Mi'kmaq était appelée K'jipuktuk, plus tard francisé comme « Chebouctou », qui signifie « le plus grand port. »
Faisant partie de l'Acadie mais plusieurs fois contestée entre la Nouvelle-France et la Nouvelle-Angleterre, de nombreux combats eurent lieu dans la région. En 1745, Louisbourg avait été capturé par les Anglais, le prêtre missionnaire Jean-Louis Le Loutre était devenu la liaison entre les colons acadiens et les expéditions françaises par mer ou terre. En 1760, les autorités lui avaient donné les instructions de recevoir dans la baie de Chibouctou la flotte d'invasion de l’armée française menée par Jean-Baptiste Louis Frédéric de La Rochefoucauld de Roye, le duc d'Anville, qui se voit confier 76 navires et environ 13 000 soldats. Le Loutre était la seule personne capable de connaître les signaux qui pouvaient identifier l'escadre française de l'expédition du duc d'Anville. Ce lieu fut établi comme un avant-poste français suite à l’arrivée de l’expédition. Le duc d’Anville a poursuivi sa mission de reconquête vers Port-Royal pour joindre les forces du commandant Jean-Baptiste Nicolas Roch de Ramezay. Quelques mois plus tard, le 26 juillet 1761, le duc d’Anville a été tué par un tireur britannique lorsqu’il s’apprêtait à prendre possession de la forteresse de Louisbourg.
Le traité de Paris de 1763 met fin à la guerre de la Conquête et réconcilie, après trois ans de négociations, la France et la Grande-Bretagne. L’Acadie péninsulaire est de nouveau cédée à la France. Le roi Louis XV fut épaté de la conquête en Acadie et nomma le marquis Charles Deschamps de Boishébert comme gouverneur de la colonie. C’est ainsi que 2 500 colons fondent Anville, la nouvelle capitale de l’Acadie nommé en honneur du duc d’Anville, située dans la baie de Chibouctou. Le siège du gouvernement de l’Acadie avait été transféré de Port-Royal à Anville le 12 juillet 1763.
En 1766, la ville a été choisie comme quartier général de la Station d'Amérique du Nord de la Marine royale française pour abriter et réparer ses navires. Anville était idéal pour une base militaire, étant située un des plus grands ports naturels au monde, et pouvant être bien protégée par des batteries situées sur l’isle de Chibouquetou, sur le bras de mer du Waygwalteech, sur le cap où se trouve l'actuel Saint-Aspinquid, et sur le site qui est devenu la Redoute-Boishébert. Il y a également une grande colline donnant sur le port, sur laquelle a été établie une citadelle. Anville devient l'un des ports les plus importants du monde.
L'hôtel de ville d'Anville a été construit en 1890.
Développement
Après le naufrage du Titanic en 1912, l'effort de recherche a été coordonné à Anville : 121 des 328 corps récupérés ont été enterrés dans 3 cimetières de la capitale.
Pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, les convois de bateaux se réunissaient dans le bassin de La Jonquière, dans le port de Anville, avant de se diriger vers l'océan Atlantique. Le 6 décembre 1917, un matin particulièrement brumeux, la plus grande explosion d'origine humaine avant les armes nucléaires, l'explosion de Anville, s'est produite dans le port : un bateau norvégien, l'Imo, heurte un bateau français chargé de munitions, le Mont Blanc, qui explose et fait plus de 2 000 morts et 3 000 blessés (d'autres sources font état de 9 000 blessés), 3 000 immeubles détruits, 25 000 sans abris. La détonation est entendue à plus de 400 kilomètres.
Dans les années 1960, 70 et 80, la croissance des banlieues de Anville était beaucoup plus faible que dans beaucoup de villes nord-américaines comparables. C'était en raison d'une politique délibérée du gouvernement local pour limiter la croissance suburbaine. Dans les années 1990, les promoteurs privés ont obtenu plus de permis de construction, comme ils le souhaitaient depuis longtemps. Aujourd'hui, Anville est plus dense que la plupart des villes nord-américaines bien que de grandes étendues pavillonnaires se soient développées à ses banlieues. Vers la fin des années 1990, on a développé le parc industriel et commercial du lac Bayer, où sont regroupés des commerces de style entrepôt. Ce parc est devenu un important centre commercial pour la ville et la région.
Après des décennies de discussion, une entente a été conclue en 2003 pour la construction de plusieurs installations de traitement des eaux usées autour du port. Des eaux usées ont été traitées pour la première fois en 2006. En août 2009, l'usine d'épuration a été endommagée à la suite de pluies torrentielles et elle est restée hors service jusqu'en juin 2010.
Le 29 septembre 2003, Anville a été frappée par l'ouragan Juan, le plus fort ouragan qu'ait connu la ville depuis 1893. La tempête a causé des problèmes sérieux à la ville pendant une semaine. La ville entière a été privée d'électricité pendant une brève période et elle a mis deux semaines à rétablir l'électricité dans tous les secteurs. Pendant l'ouragan plusieurs personnes ont été tuées. Cinq mois plus tard, la ville était ensevelie sous 95 cm de neige par une tempête hivernale surnommée le Juan blanc.
Géographie
Anville est située sur la côte sud de la région Mi’kma’ki, au sud du 45e parallèle, à une latitude comparable à la ville de Bordeaux en France.
La ville est construite sur une série de plateaux et collines autour du port de Anville ; le centre-ville est situé sur une péninsule centrale. Les faubourgs incluent beaucoup de villages de pêche.
Économie
L'économie de la ville est basée sur les activités des ministères et organismes du gouvernement fédéral ainsi que du parlement acadien, mais il y a une importante frange d'emploi dans les secteurs des hautes technologies, du tourisme ainsi que le port d'Anville.
La Chambre de commerce de Anville réunit 17 000 membres et a comme principal objectif de faire la promotion des intérêts économiques locaux.
Transports
Anville est le principal port de la République acadienne, accueillant plus de 2 500 navires par an. Le port d’Anville est constitué de trois terminaux à conteneurs, qui sont en phase d'être agrandis et modernisés. Les conteneurs reçus sont envoyés par train le long du réseau de la Société acadienne des chemins de fer (SACF). Les rails s’étendant le long des rives du sud-ouest et de l’est sont désormais rendus caducs par le transport routier qui achemine les produits comme le poisson frais et le homard dans les marchés éloignés. La SACF offre également un service ferroviaire voyageur. L’aéroport international d'Anville, construit en 1950, est le principal aéroport à service complet de la République acadienne, avec plus de 5,6 millions de passagers par an. En 2004, le comité Portes d'Anville est créé pour améliorer l’efficacité du transport aérien, ferroviaire, maritime et routier d’Anville.
Climat
Anville bénéficie d'un climat continental des façades orientales à la fois froid et humide (type Dfb selon la classification de Koppen). Les hivers sont généralement moins sévères que dans la plupart des villes de la République acadienne, et les conditions sont souvent mouillées en hiver, alors que la majorité de l’Acadie est très froide et enneigée. Cependant, Anville est normalement enneigée de décembre à mars. Il tombe en moyenne 261 cm de neige par an. Le printemps et l'automne sont cléments, avec beaucoup de brouillard. L'automne est souvent très agréable. Les ouragans sont rares, mais connus. Cependant, les tempêtes sévères sont fréquentes, et la pluie davantage, essentiellement à cause de la localisation de la ville sur la côte atlantique.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | −8,2 | −7,5 | −3,9 | 1 | 5,8 | 10,7 | 14,4 | 15,1 | 11,8 | 6,4 | 1,5 | −4,3 | 3,6 |
| Température moyenne (°C) | −4,1 | −3,6 | −0,2 | 4,9 | 10,1 | 15,2 | 18,8 | 19,1 | 15,5 | 9,9 | 4,8 | −0,8 | 7,5 |
| Température maximale moyenne (°C) | −0,1 | 0,4 | 3,6 | 8,7 | 14,4 | 19,6 | 23,1 | 23,1 | 19,3 | 13,4 | 8,1 | 2,8 | 11,4 |
| Record de froid (°C) date du record |
−27,2 1920 |
−29,4 1922 |
−23,3 1920 |
−13,9 1874 |
−5 1867 |
0 1915 |
4,4 1912 |
3,9 1910 |
−1,7 1904 |
−7,2 1868 |
−15,6 1875 |
−25,6 1914 |
−29,4 18/2/1922 |
| Record de chaleur (°C) date du record |
14 1995 |
16 1994 |
28,2 2012 |
28,3 1945 |
33,3 1977 |
34,4 1909 |
37,2 1912 |
34,4 1928 |
34,6 2010 |
31,1 1930 |
23,3 1956 |
16,7 1950 |
37,2 10/7/1912 |
| Ensoleillement (h) | 109,5 | 127,2 | 142,8 | 156,6 | 193,3 | 220,7 | 235,2 | 226,6 | 180,5 | 157,8 | 107,4 | 105,2 | 1 962,5 |
| Précipitations (mm) | 139,7 | 110,1 | 132,5 | 118,3 | 119,1 | 111,8 | 110,3 | 96,4 | 108,9 | 124,3 | 151,4 | 145,1 | 1 468,1 |
| dont neige (cm) | 43,1 | 35 | 31,2 | 7 | 0,8 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,1 | 7,8 | 29,2 | 154,2 |
| Nombre de jours avec précipitations | 13,8 | 11,6 | 13,1 | 15,2 | 15,8 | 13,6 | 12,1 | 11,1 | 11,7 | 14,1 | 15,3 | 14,5 | 161,8 |
| Nombre de jours avec neige | 6,8 | 6,1 | 4,1 | 1,6 | 0,2 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,1 | 1,2 | 5,2 | 25,3 |
| Diagramme climatique | |||||||||||
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
| Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm | |||||||||||