Port-LaJoye

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Port-LaJoye
Skmaqn
Port-LaJoye
Vues de Port-LaJoye (46° 14′ 07″ nord, 63° 07′ 36″ ouest)
Administration
Pays République acadienne République acadienne
Région Isle Saint-Jean
Type de localité Ville, Capitale
Maire
Mandat
Angèle LeBlanc
2024-2029
Démographie
Gentilé Joyeux et Joyeuse
Population 69 663 hab. (2025)
Population de l'agglomération 129 980  (2025)
Géographie
Altitude Min. 0 m
Max. 49 m
Superficie 4 433 ha = 44,33 km2
Superficie de l'agglomération 111 243 ha = 1 112,43 km2
Fuseau horaire UTC-4
Origine du nom Michel Haché-Gallant
Fondation 1720
Municipalité depuis 1855
Device Je renais
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Isle Saint-Jean
Voir sur la carte administrative de l'Isle Saint-Jean
Port-LaJoye

Port-LaJoye (en mi'kmaq : Skmaqn) est la capitale et la plus grande ville de la région de l’Isle Saint-Jean dans la République acadienne. Port-LaJoye est fondé en 1720 après que le gouvernement français s'est assuré de son autorité sur l'île Saint-Jean. La colonisation de la région commence donc dès l'arrivée d'une expédition envoyée par Louis Hyacinthe Castel, le comte de Saint-Pierre. La République acadienne fut proclamée le 15 août 1884. L’Isle Saint-Jean fut l’une des 4 régions inscrites dans la Constitution. Port-LaJoye est retenu comme siège du gouvernement régional.

Port-LaJoye comptait 69 663 habitants en 2025 et sa région métropolitaine 129 980, soit un peu plus de la moitié de la population de la région, qui s'élève à 230 587 personnes.

Toponymie

Les Mi’kmaq ont nommé ce lieu Skmaqn, ce qui signifie « lieu d'attente » dans leur langue. L'origine du nom remonterait à partir de 1725 lorsque des dirigeants Mi’kmaq et français se réunissaient annuellement à cet endroit pour renouveler leur relation et leur alliance militaire.

C’est le groupe fondateur, mené par Michel Haché-Gallant, qui a baptisé ce lieu Port-la-Joye. Signifiant un lieu de refuge et de joie, les premiers colons espéraient un havre de paix et de bien-être.

Histoire

Carte de Port-LaJoye de 1734.

Les premiers colons européens dans la région sont des militaires français de la forteresse de Louisbourg à Île Royale, qui fondent une colonie en 1720, Port-LaJoye. Cet effort de colonisation a été dirigé par Michel Haché-Gallant, qui a utilisé sa chaloupe pour transporter les Acadiens de Louisbourg.

Les familles venues s'installer à Port-LaJoye en 1720 sont celle de Michel Haché-Gallant de Beaubassin et celle de Pierre et Joseph Martine, de Pisiguit. En 1721, Charles Haché-Gallant et son frère Pierre arrivent les premiers à Port-LaJoye. En 1722, c'est au tour de Jean-Baptiste Haché-Gallant. En 1726, Pierre Martin et son fils s'installent sur la rivière du Nord-Est. En 1728, Michel Hébert et Pierre Buot s'installent à leur tour. Les Acadiens émigrent vers l'isle Saint-Jean à cette époque à cause de la difficulté d'obtenir de nouvelles terres dans Mi'kma'ki alors que les familles s'agrandissent.

Les colons acadiens établissent des fermes dans les alentours. Les militaires français mettent en place une petite force militaire à l'avant-poste, en garnison avec des troupes de Louisbourg. Le moral est bas, et les troupes sont rarement relevées en raison de leur impopularité. La caserne de bois offre une faible protection contre les rudes hivers, le vent, la pluie et la neige tourbillonnant alors entre les murs de piquets et les toits de planches pourries.

Guerre de la Conquête

Portrait d'Andrew Rollo vers 1758.

Lors de la guerre de la Conquête, le colonel britannique Andrew Rollo, avec une force de 200 soldats et deux navires de guerres, prend possession du fort à Port-LaJoye en 1758. La capitale de l’isle n’avait qu’une garnison de 20 soldats français sous la commande du capitaine Joseph du Pont Duvivier. Ils ont fui et les troupes britanniques ont brûlé la capitale au sol. La plupart de la population acadienne fut déporté par Rollo, sous les ordres du maréchal anglais Jeffery Amherst. Port-LaJoye est rebaptisé Fort Amherst par les Anglais, et ses défenses sont renforcées.

Pour reconquérir Port-LaJoye et l’isle Saint-Jean, Jean-Baptiste Nicolas Roch de Ramezay est envoyé de Québec dans la région pour s’associer à l’expédition du duc d’Anville. Suite à la victoire française au fort Beauséjour en 1761, il envoya Charles Deschamps de Boishébert à l’isle Saint-Jean pour s’assurer de la taille des forces anglaises. Après le retour de Boishébert, Ramezay envoie Joseph-Michel Legardeur de Croisille et de Montesson avec plus de 500 hommes, dont 200 Mi’kmaq, à Port-LaJoye.

La bataille de Port-LaJoye prend place le 11 juillet 1761 lorsque de Montesson prend par surprise les troupes britanniques. Le groupe d’attaque français et mi’kmaq ont tué 34 soldats britanniques et capturent le reste des soldats britanniques terrestres sans grande perte. Le succès de la reconquête française de Port-LaJoye et de l’Isle Saint-Jean fut définitive.

Le traité de Paris de 1763 met fin à la guerre de la Conquête et réconcilie la France et la Grande-Bretagne. La recolonisation de l’isle Saint-Jean fut rapide. La France avait beaucoup investi dans la reconstruction de Port-LaJoye alors que la plupart de ses habitations et bâtiments ont été détruits par les forces britanniques.

République acadienne

La ville de Port-LaJoye est constituée en municipalité en 1855, la même année où la Banque de l'Isle Saint-Jean est constituée et où les services de gendarmerie et de pompiers sont formés. La communauté avait 6 500 résidents.

À part d'être le siège du gouvernement colonial, la communauté était reconnue au 19e siècle pour la construction navale, son industrie de bois et aussi comme étant un port pour les pêcheurs. La construction navale diminua à la fin du 19e siècle. En août 1874, le chemin de fer de l'Isle Saint-Jean a ouvert sa ligne principale entre Port LaJoye et Miscouche. Le chemin de fer, ainsi que sa construction navale, propulsa le développement industriel près du quai pour plusieurs décennies.

Plus de mille insulaires ont assistés à la convention nationale à Memramcook, en 1881, pour représenter les intérêts de l’Isle Saint-Jean portant sur le projet de souveraineté de l'Acadie. Les insulaires ont voté majoritairement pour l’indépendance. La France accorda l’indépendance à toutes ses colonies acadiennes le 15 août 1882. La République acadienne fut proclamée le 15 août 1884. L’Isle Saint-Jean fut l’une des 4 régions inscrites dans la Constitution. Port-LaJoye est retenu comme siège du gouvernement régional.

Vue de Port-LaJoye en 1910.

L'hôpital de l'Isle Saint-Jean opéré par les fonds publics est inauguré en 1884, la même année où le téléphone est installé. L'éclairage électrique est introduit en 1885.

L'aérodrome de Port-LaJoye fut modernisé pour la durée de la deuxième guerre mondiale. Après la guerre la piste fut renommée l'Aéroport de Port-LaJoye. Le chantier naval de Port-LaJoye fut beaucoup utilisé pendant la guerre, pour améliorer et moderniser plusieurs vaisseaux de guerre à sa base navale militaire. Après la guerre, plusieurs développements résidentiels s'étendirent dans les régions rurales.

Durant les années 1970 à 1990, Port-LaJoye agrandira son espace bureaucratique et commercial. Un hôtel près du port et un centre de convention furent complétés en 1982 qui aide et encourage la diversification dans la région, causant la construction de complexes résidentiels et de magasins au centre-ville.

Le district de centre d'affaires augmente constamment puisque le gouvernement et le secteur privé doivent construire des bureaux; aussi des institutions sont bâties ou modernisées, mais les magasins au détail dans le secteur de bureaux de Port-LaJoye ont souffert de la construction de magasins à grande distribution dans les banlieues.

Géographie

Port-LaJoye est situé près du centre géographique de l'isle Saint-Jean. La ville se trouve à 55 kilomètres à l'est du pont de la République et à 60 kilomètres au nord du terminal de traversiers de l’isle à Bois. La ville est bordée au sud par le havre de Port-LaJoye, formé par la confluence de la rivière Nord-Est, qui longe la ville à l'est, de la rivière du Nord, qui passe à l'ouest, et la rivière de l'Ouest. Le havre de Port-LaJoye communique avec la baie de la Joye, à quatre kilomètres au sud. Ce dernier se déverse ensuite dans la mer Rouge, à 15 kilomètres au sud.

Économie

La croissance économique de Port-LaJoye fut lente jusqu'au milieu du 19e siècle, quand la ville devint un chantier naval.

Le recensement de 2006 de Statistique Acadie fournit aussi des données sur l'économie. Chez les habitants âgés de plus de 15 ans, le taux d'activité était de 64,6 %, le taux d'emploi était de 58,8 % et le taux de chômage étaient de 9,0 %. À titre de comparaison, ceux de la région étaient respectivement de 68,2 %, 60,7 % et 11,1 %.

On dénombrait 2,5 % des emplois dans l'agriculture, la pêche et les autres ressources, 5,9 % dans la construction, 4,2 % dans la fabrication, 2,2 % dans le commerce de gros, 13,1 % dans le commerce de détail, 4,9 % dans la finance et l'immobilier, 10,4 % dans la santé et les services sociaux, 7,9 % dans l'éducation, 16,9 % dans les services de commerce et 31,8 % dans les autres services.

Parmi la population active occupée, 4,4 % travaillaient à domicile, 0,3 % travaillait ailleurs dans le monde, 7,3 % étaient sans lieu de travail fixe et 88,0 % avaient un lieu de travail fixe. Parmi les travailleurs ayant un lieu de travail fixe, 89,6 % travaillaient en ville, 6,3 % travaillaient ailleurs dans l’arrondissement, 3,1 % travaillaient ailleurs dans la région et 1,1 % travaillaient dans une autre région.

Pour sa part, la Chambre de commerce et d'industrie de Port-LaJoye qui regroupe actuellement environ 1 000 membres est une organisation sans but lucratif qui a été fondée en 1897. Son principal objectif est le développement économique de la grande région de Port-LaJoye.

Tourisme

Un navire de croisière dans le port de Port-LaJoye.

Port-LaJoye est une destination populaire dans des autres régions acadiennes, du Canada et du nord-est des États-Unis, car la ville est un lieu central dans la région et a plusieurs services.

Le Centre des Arts fourni du théâtre, y compris le Festival d’été de Port-LaJoye ainsi qu'une galerie d'art contemporain. Plusieurs autres petits théâtres et musées entoure le Centre des Arts.

La grille routière de la ville avec sa planification du centre-ville a beaucoup de maisons et d'édifices historiques et patrimoniaux, ainsi que le projet de développement autour du port dans les dernières décennies qui a ajouté des sentiers pour piétons et des parcs à des endroits industriels auparavant. Un embarcadère pour les navires de croisière fut ouvert en septembre 2007 lequel fut un grand succès et a transformé la ville en une attraction touristique pour les vaisseaux voyageant dans le Golfe du Saint-Laurent.

Transports

Vue aérienne de Port-LaJoye.

La localisation centrale de Port-LaJoye dans la région, en a fait un point tournant pour le transport. La ville est le centre du réseau de chemin de fer de la région.

Le développement du réseau routier à la fin du 20e siècle a fait que la ville fut le point central de plusieurs routes principales de la région. Route 1, la route transcacadienne, divise partiellement les banlieues du nord, reliant avec le pont de la rivière Nord-Est et le pont rivière du Nord sur une autoroute à accès limité liant la ville avec le Pont de la République dans l'ouest et le terminus des traversiers du Service maritime dans l'est. Route 2, l'autoroute principale est-ouest de l'Isle Saint-Jean entrecroise la Route 1 dans la ville.

L'aéroport de Port-LaJoye est le plus gros aéroport de la région avec un horaire pour transporter des passagers, qui dessert 320 000 passagers par an.

Le transport public a des autobus à temps fixes qui circulent dans la municipalité depuis 2005.

L'absence du transport public pendant plusieurs décennies à Port-LaJoye a obligé les gens à une dépendance aux automobiles, avec le gouvernement municipal qui a construit trois massifs garages à étages dans le secteur historique pour desservir les automobiles des travailleurs du centre-ville. La ville a statistiquement plus de taxis que les autres villes acadiennes en moyenne parce que les taxis étaient le dernier moyen de transport pour les gens sans auto. Les taxis à Port-LaJoye utilisent une tarification à base de zones à l'opposé des compteurs et les automobiles n'ont pas de partition protectrice entre le chauffeur et le client.

L'Administration portuaire de Port-LaJoye dirige le port commercial et est en train d'agrandir un quai qui était déjà maintenu par le gouvernement fédéral. L'importation du gravier pour la construction est l'activité principale du port.

Le centre-ville compte un tunnel piétonnier depuis 2011.

Organisation administrative

Municipal

L'hôtel de ville de Port La-Joye.

Le conseil municipal de Port-LaJoye est formé d'une mairesse et de dix conseillers et conseillères d’arrondissements; la ville est en effet subdivisée en arrondissements à des fins électorales tandis que le maire ou la mairesse est élu par toute la population. Le mandat des élus dure 5 ans. Les élections ont lieu le premier lundi de novembre à tous les cinq ans. Un plébiscite fut tenu en 2010, où les électeurs se sont prononcés à 81,7 % en faveur du maintien du système électoral en vigueur. Présentement, la mairesse de Port-LaJoye est Angèle LeBlanc.

Climat

Port-LaJoye a un Climat continental humide (Koppen Dfb) modéré partiellement par la localisation de l’isle Saint-Jean dans le Golfe du Saint-Laurent. Les hivers y sont plus doux que pour les villes situées à des latitudes similaires à l'intérieur du continent; la température moyenne en janvier est de −8 °C, et la température minimale est de −20 °C ou moins sur une moyenne de 8 jours par mois. Cependant, à cause de sa position côtière, les précipitations d'hiver sous forme de neige sont fréquentes et souvent intenses; la moyenne saisonnière de chute de neige est de 312 cm. Le réchauffement printanier est graduel dû au réchauffement plus lent de la masse thermique que représente l'océan environnant. Les étés sont plutôt doux, à cause des courants maritimes; la température maximale moyenne pour juillet étant de 23,2 °C. La moyenne pour les précipitations est de 1 170 mm par année, avec les plus fortes précipitations à la fin de l'automne et de l'hiver.

Relevé météorologique de Port-LaJoye (46° 14′ 07″ nord, 63° 07′ 36″ ouest)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −12,1 −11,7 −7 −1,2 4,1 9,6 14,1 13,7 9,6 4,4 −0,5 −7 1,3
Température moyenne (°C) −7,7 −7,3 −3,1 3,1 9,2 14,5 18,7 18,3 14,1 8,3 2,9 −3,3 5,7
Température maximale moyenne (°C) −3,4 −2,9 0,9 7,2 14,3 19,4 23,3 22,8 18,6 12,3 6,3 0,5 9,9
Record de froid (°C)
date du record
−32,8
1877
−30,6
1922
−27,2
1948
−16,1
1964
−6,7
1946
−1,1
1947
2,8
1914
2
1989
−0,6
1950
−6,7
1974
−17,2
1873
−28,1
1980
−32,8
1/29/1877
Record de chaleur (°C)
date du record
15,1
1999
13,3
1976
24,5
2012
26,7
1942
31,7
1977
32,2
1944
33,9
1975
36,7
1935
31,5
2001
27,8
1922
21,3
1982
16,7
1950
36,7
19/8/1935
Ensoleillement (h) 108,9 109,1 141,3 148,2 197,1 219,8 253,6 219 181 123,9 62,9 75,8 1 840,5
Précipitations (mm) 101 83,2 86,3 83,7 91 98,8 79,9 95,7 95,9 112,2 112,5 118,1 1 158,2
dont pluie (mm) 34,1 29,8 44,1 59,7 87,2 98,8 79,9 95,7 95,9 110,3 93 58,6 887,1
dont neige (cm) 73,3 58,3 44,1 24,4 3,7 0 0 0 0 1,7 19,2 65,6 290,4
Nombre de jours avec précipitations 19,3 15,7 15,9 15,3 14,1 13,2 12,6 11,7 12,8 15 16,9 19,8 182,4
Nombre de jours avec neige 17,3 13,7 12,2 6,4 0,93 0 0 0 0,03 1 6,4 15,3 73,2
Source : Le climat à Port-LaJoye (en °C et mm, moyennes mensuelles).
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
−3,4
−12,1
101
 
 
 
−2,9
−11,7
83,2
 
 
 
0,9
−7
86,3
 
 
 
7,2
−1,2
83,7
 
 
 
14,3
4,1
91
 
 
 
19,4
9,6
98,8
 
 
 
23,3
14,1
79,9
 
 
 
22,8
13,7
95,7
 
 
 
18,6
9,6
95,9
 
 
 
12,3
4,4
112,2
 
 
 
6,3
−0,5
112,5
 
 
 
0,5
−7
118,1
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm