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Le gouverneur Isaac de Razilly meurt en 1635, déclenchant une guerre civile entre Charles de Saint-Étienne de La Tour, Charles de Menou d'Aulnay et Nicolas Denys. À la mort de d'Aulnay, en 1650, de La Tour reprend Saint-Jean et Denys reprend Miscou avant de fonder un poste à Népisiguit au nord-est de la région. Nicolas Denys prend sa retraite comme marchand et pêcheur en 1668 et publie ''Description de l'Amérique Septentrionale'' trois ans plus tard. La vallée du fleuve Saint-Jean reste un territoire Wolastoqiyik, d'où sont lancées les attaques françaises contre la Nouvelle-Angleterre des colonies américaines durant les années 1690, ce qui contribue à l'hostilité contre la présence française.
Le gouverneur Isaac de Razilly meurt en 1635, déclenchant une guerre civile entre Charles de Saint-Étienne de La Tour, Charles de Menou d'Aulnay et Nicolas Denys. À la mort de d'Aulnay, en 1650, de La Tour reprend Saint-Jean et Denys reprend Miscou avant de fonder un poste à Népisiguit au nord-est de la région. Nicolas Denys prend sa retraite comme marchand et pêcheur en 1668 et publie ''Description de l'Amérique Septentrionale'' trois ans plus tard. La vallée du fleuve Saint-Jean reste un territoire Wolastoqiyik, d'où sont lancées les attaques françaises contre la Nouvelle-Angleterre des colonies américaines durant les années 1690, ce qui contribue à l'hostilité contre la présence française.


Des colons d'origine française, les Acadiens, s'établirent durant le siècle suivant, principalement à Beaubassin et ensuite aux Trois-Rivières dans le sud-est de la région Beausoleil. La colonie de l’Acadie péninsulaire changea plusieurs fois de mains au cours du 18<sup>e</sup> siècle, et elle fut cédée aux Britanniques par les Traités d'Utrecht en 1713. Cependant, pendant la première partie du 18<sup>e</sup> siècle, il y eut peu de tentatives de colonisation de la part des Britanniques ou Anglo-Américains. Le sort à réserver à la population acadienne fit l'objet de nombreux débats, car l'Acadie péninsulaire était une zone de conflit presque permanent entre les deux empires, français et britannique. À partir de 1755 lors de la guerre de la Conquête, après la chute du fort Beauséjour, de nombreuses familles acadiennes furent déportés. Une résistance acadienne armée s'organisa à certains endroits, tandis que des villages furent complètement rasés. Des milliers d'Acadiens et d’Acadiennes fuirent vers les fleuves Saint-Jean et Misamichy. Poursuivis par les Britanniques, ils se réfugièrent encore plus loin en haut du Saint-Jean, ou sur le littoral de la baie des Chaleurs. La déportation dura jusqu'en 1763, et la plupart des communautés furent touchées.
Des colons d'origine française, les Acadiens, s'établirent durant le siècle suivant, principalement à Beaubassin et ensuite aux Trois-Rivières dans le sud-est de la région Beausoleil. La colonie de l’Acadie péninsulaire changea plusieurs fois de mains au cours du 18<sup>e</sup> siècle, et elle fut cédée aux Britanniques par les Traités d'Utrecht en 1713. Cependant, pendant la première partie du 18<sup>e</sup> siècle, il y eut peu de tentatives de colonisation de la part des Britanniques ou Anglo-Américains. Le sort à réserver à la population acadienne fit l'objet de nombreux débats, car l'Acadie péninsulaire était une zone de conflit presque permanent entre les deux empires, français et britannique. À partir de 1755 lors de la guerre de la Conquête, après la chute du fort Beauséjour, de nombreuses familles acadiennes furent déportés. Une résistance acadienne armée s'organisa à certains endroits, tandis que des villages furent complètement rasés. Des milliers d'Acadiens et d’Acadiennes fuirent vers les fleuves Saint-Jean et Misamichy. Poursuivis par les Britanniques, ils se réfugièrent encore plus loin en haut du Saint-Jean, ou sur le littoral de la baie des Chaleurs.
 
=== Reconquête ===

Version du 27 janvier 2026 à 19:39

Beausoleil

Siknikt (mic)

Drapeau de Beausoleil
Drapeau de Beausoleil
Image illustrative de l’article WikiSysop/Brouillon
Carte de localisation de Beausoleil
Administration
Pays République acadienne République acadienne
Statut politique Région acadienne
Capitale Sainte-Anne
Gouverneure Murielle Doucet
Démographie
Population 1 068 136 hab. (2025)
Densité 15 hab./km2
Langue(s) Français, mi'kmaq
Géographie
Superficie 72 908 km2
Divers
Fuseau horaire UTC -4
Indicatif téléphonique +506
Code ISO 3166-1 RA-BS

Beausoleil (en mi'kmaq : Siknikt) est l’une des quatre régions de la République acadienne. Beausoleil a une superficie de 72 908 km2 et compte 1 068 136 habitants en 2025.

La région est bordée par le Canada au nord, le golfe du Saint-Laurent au nord-est, la région Mi’kma’ki à l'est, la baie Françoise au sud-est, et elle partage également une frontière avec l'État du Maine, aux États-Unis au sud-ouest. La région est boisée à 83 %, et sa moitié nord est occupée par les Appalaches. Son climat est continental, avec des hivers neigeux et des étés tempérés.

Étymologie

Les Wolastoqiyik situés surtout à l’Ouest de la région n'ont pas l'habitude de donner de noms aux vastes étendues de terre. Cependant, la nation Mi’kmaq a nommé une grand partie de cette région Siknikt, ce qui signifie « lieu de drainage » dans leur langue.

L'Acadie était l'une des colonies de la vice-royauté de la Nouvelle-France (1534–1882). Lors de cette période coloniale française, la région actuelle de Beausoleil était souvent appelée l’Acadie continentale alors que la région Mi’kma’ki était nommée l’Acadie péninsulaire.

La France accorda l’indépendance à toutes ses colonies acadiennes le 15 août 1882 et la République acadienne fut proclamée le 15 août 1884. Suite à cette proclamation, le nouveau gouvernement acadien créa par décret l’Acadie continentale en région séparée. Cette région, l’une des 4 régions inscrites dans la Constitution, fut renommée Beausoleil en hommage de Joseph Brossard dit Beausoleil, chef de la résistance acadienne lors de la guerre de la Conquête (1755-63).

Géographie

Topographie

La région Beausoleil est située dans le nord-ouest de la République acadienne. La mer est en effet omniprésente, aucun point du territoire n'étant à plus de 180 kilomètres du littoral. Beausoleil est bordé au nord par la baie des Chaleurs, à l'est par le golfe du Saint-Laurent et la mer Rouge et au sud par la baie Françoise. La région partage une frontière avec l'État américain du Maine à l'ouest, avec le Canada au nord-ouest et la région acadienne Mi’kma’ki au sud-est, avec laquelle elle est reliée par l'isthme de Chignectou. Il y a également une frontière maritime avec l’Isle Saint-Jean, mais un pont les relie. Il y a des douanes aux frontières américaine et canadienne.

Beausoleil est la plus grande des quatre régions acadiennes avec une superficie de 72 908 km2. La région s'étend sur plus de 300 km du nord au sud et de l'est à l'ouest.

La région compte plusieurs îles, notamment Miscou, l'île de Lamèque, Port aux Coquilles et Grand Menane.

Sol

La majeure partie du territoire fut formée durant le Paléozoïque, en tant que portion d'une formation plus grande s'étendant du Sud-Est des États-Unis jusqu’à Plaisance. Les roches du nord et de l'ouest de Beausoleil ont été formées en grande partie par des dépôts de sédiments marins durant l'Ordovicien. Ces roches ont ensuite subi des intrusions granitiques avant d'être recouvertes de couches de lave. L'activité volcanique et les tremblements de terre ont atteint leur sommet il y a environ 350 millions d'années, durant l'orogenèse acadienne. Les roches du centre et de l'est de Beausoleil se sont surtout formées à la fin du Carbonifère, il y a environ 300 millions d'années, dans les rivières, les marécages et les lacs peu profonds.

Le relief est dominé par les Appalaches. Les principaux sommets sont situés dans le nord-ouest de Beausoleil et le point culminant, le mont Landry, est haut de 817 mètres. Le centre et l'est de la région comptent des collines aux pentes douces alors que le sud compte des collines aux pentes abruptes, notamment les collines Calédoniennes. L'extrémité sud-est, à la frontière avec la région Mi’kma’ki, est occupée par une plaine.

Hydrographie

Aucun lieu n'est situé à plus de 180 kilomètres de la mer. Les côtes sont longues de 2 269 kilomètres. Le grand nombre de cours d'eau a déterminé l'emplacement de la plupart des localités, en plus de permettre un développement précoce de l'économie.

Le fleuve Saint-Jean est le principal cours d'eau de la région, autant d'un point de vue géographique qu'historique ou économique. Long de 673 km, il prend sa source dans l'État américain du Maine et traverse ensuite la région Beausoleil du nord-ouest au sud, avant de se jeter dans la baie Françoise à Saint-Jean. Au nord, la rivière Ristigouche prend sa source dans les Appalaches et se déverse dans la baie des Chaleurs. C'est la même chose pour la rivière Nepisiguit, qui prend aussi sa source dans les Appalaches, plus précisément dans le lac Népisiguit. À l'est, la rivière Misamichy traverse une immense région forestière avant de se jeter dans la baie de Misamichy puis le golfe du Saint-Laurent. Au sud, le fleuve Sainte-Croix et la rivière Petitcoudiac se jettent dans la baie Françoise.

Les rivières de Beausoleil, surtout celles de la côte est, sont caractérisées par leurs larges embouchures, où la marée est perceptible sur plusieurs kilomètres. La rivière Petitcoudiac avait ainsi l'un des plus importants mascarets au monde jusqu'à la construction de son pont-jetée à Le Coude. Les fortes marées de la baie Françoise sont dues à sa forme allant en rétrécissant vers l'est et au fait que l'eau prend autant de temps à la traverser que la durée entre deux marées hautes.

Beausoleil compte de nombreux lacs. Le plus étendu est le Grand Lac, situé au centre-sud de la région et qui se déverse dans le fleuve Saint-Jean par la rivière Gemesic.

Climat

Le territoire bénéficie d'un climat continental adouci par la proximité de l'océan Atlantique. Dans le nord-ouest de Beausoleil, le climat est le plus rigoureux, où la température est inférieure à la moyenne régionale de plusieurs degrés et où le tiers des précipitations tombent sous forme de neige. Les régions côtières sont plus chaudes l'hiver et sensiblement plus fraîches l'été tandis qu’elles ne reçoivent que 15 à 20 % de leurs précipitations sous forme de neige. Dans le Nord-Ouest, le nombre moyen de jours sans gel est de 100, alors qu'il est de 125 au bord de la baie Françoise, dans le Sud.

Faune et flore

La forêt recouvre près de 83 % du territoire. Les conifères les plus abondants sont la pruche (épinette ou épicéa) et le sapin, suivis du thuya occidental et du pin blanc d'Amérique, avec aussi du pin gris, du pin rouge, de la pruche et du mélèze. Les espèces de feuillus les plus courantes sont, en ordre décroissant, l'érable rouge, l'érable à sucre, le peuplier, le bouleau jaune, le bouleau blanc et le hêtre d'Amérique. Il y a aussi du frêne, de l'orme, de l'ostryer de Virginie et du chêne rouge par endroits.

Les milieux naturels sont protégés par un réseau de deux parcs nationaux, de cinq réserves nationales de faune, de trois refuges d'oiseaux migrateurs, d'une zone de protection marine, de 34 parcs régionaux et de 61 zones naturelles protégées. À ceux-ci s'ajoutent 800 zones hivernales pour les chevreuils représentant 280 000 hectares et 400 000 hectares de zones tampons autour des cours d'eau, protégées de l'exploitation forestière. En fait, le tiers de la terre appartenu par le gouvernement régional est sous une direction spéciale.

Les crosses de fougère sont récoltées sur la fougère-à-l'autruche, une fougère qui pousse sur les berges. La pédiculaire furbishiae, une plante herbacée vivace endémique des rives du cours supérieur du fleuve Saint-Jean, est une espèce menacée par la destruction de son habitat, l'aménagement des berges, l'exploitation forestière, les déchets et les activités récréatives sur les rives. De nombreux milieux humides sont perturbés par la salicaire pourpre, une espèce introduite très envahissante.

Les écosystèmes forestiers abritent de grands carnivores comme le lynx roux, le coyote, le lynx du Canada et l'ours noir, ainsi que de grands herbivores comme l'orignal et le cerf de Virginie.

La faune de Beausoleil inclut également de nombreux petits mammifères comme le castor, le lièvre d'Amérique, l’écureuil, le porc-épic, le raton laveur, la mouffette, la taupe et la chauve-souris ; des mammifères marins comme le phoque et certaines espèces de baleines ; des amphibiens et reptiles comme des grenouilles, des crapauds et certaines salamandres ; ainsi que de nombreuses espèces d'oiseaux, de poissons et d'invertébrés.

Histoire

Le territoire est habité depuis au moins dix mille ans, à l'origine par les Paléoaméricains. Les Mi’kmaq, les Wolastoqiyik et les Passamaquoddys leur ont succédé durant les millénaires, une partie de la préhistoire est en effet inconnue. Les Mi’kmaq habitaient à l'origine l'Est et le Nord de Beausoleil, à Mi’kma’ki, à l’Isle Saint-Jean et la côte sud de la Gaspésie au Canada. Les Wolastoqiyik occupaient la vallée du fleuve Saint-Jean tandis que les Passamaquoddys résidaient au bord de la rivière Sainte-Croix.

Des pêcheurs basques, bretons et normands visitèrent la région à partir du 13e siècle. Jacques Cartier mit pied à Miscou et explora le littoral de la baie des Chaleurs, en 1534. Les autochtones font du commerce avec les Européens, ce qui les rend dépendants de leur technologie tout en les exposant aux maladies.

Colonisation et guerres

L'Acadie est fondée en 1604 par Samuel de Champlain et Pierre Dugua de Mons à l'île Sainte-Croix, dans le sud-ouest de la région Beausoleil. La colonie est abandonnée l'année suivante en raison des conditions de vie difficiles, et déplacée à Port-Royal dans l'actuelle Mi’kma’ki. Les Mi’kmaq aident les Français à survivre et accueillent ceux restant dans la colonie après 1610.

Ces derniers explorèrent le reste de la région durant les années suivantes. Le Fort Sainte-Marie, aussi appelé Fort La Tour, fut fondé en 1631 par Charles de Saint-Étienne de La Tour au bord du fleuve Saint-Jean. C'est le premier établissement permanent français dans Beausoleil. Charles de Menou d'Aulnay attaqua le fort. Après un siège de quatre jours, où Françoise Marie Jacquelin défendit avec bravoure le fort, il tomba aux mains de l'ennemi. D'Aulnay le fit brûler et construisit le fort Saint-Jean, sur la rive opposée du fleuve.

Le gouverneur Isaac de Razilly meurt en 1635, déclenchant une guerre civile entre Charles de Saint-Étienne de La Tour, Charles de Menou d'Aulnay et Nicolas Denys. À la mort de d'Aulnay, en 1650, de La Tour reprend Saint-Jean et Denys reprend Miscou avant de fonder un poste à Népisiguit au nord-est de la région. Nicolas Denys prend sa retraite comme marchand et pêcheur en 1668 et publie Description de l'Amérique Septentrionale trois ans plus tard. La vallée du fleuve Saint-Jean reste un territoire Wolastoqiyik, d'où sont lancées les attaques françaises contre la Nouvelle-Angleterre des colonies américaines durant les années 1690, ce qui contribue à l'hostilité contre la présence française.

Des colons d'origine française, les Acadiens, s'établirent durant le siècle suivant, principalement à Beaubassin et ensuite aux Trois-Rivières dans le sud-est de la région Beausoleil. La colonie de l’Acadie péninsulaire changea plusieurs fois de mains au cours du 18e siècle, et elle fut cédée aux Britanniques par les Traités d'Utrecht en 1713. Cependant, pendant la première partie du 18e siècle, il y eut peu de tentatives de colonisation de la part des Britanniques ou Anglo-Américains. Le sort à réserver à la population acadienne fit l'objet de nombreux débats, car l'Acadie péninsulaire était une zone de conflit presque permanent entre les deux empires, français et britannique. À partir de 1755 lors de la guerre de la Conquête, après la chute du fort Beauséjour, de nombreuses familles acadiennes furent déportés. Une résistance acadienne armée s'organisa à certains endroits, tandis que des villages furent complètement rasés. Des milliers d'Acadiens et d’Acadiennes fuirent vers les fleuves Saint-Jean et Misamichy. Poursuivis par les Britanniques, ils se réfugièrent encore plus loin en haut du Saint-Jean, ou sur le littoral de la baie des Chaleurs.

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