Stanislas-Joseph Doucet
| Stanislas-Joseph Doucet | |
Portrait de Stanislas-Joseph Doucet. | |
| Généralités | |
|---|---|
| Nom | Stanislas-Joseph Doucet |
| Naissance | Népisiguit, République acadienne |
| Décès | (à 78 ans) Grande-Anse, République acadienne |
| Nationalité | |
| Spiritualité | |
| Religion | Christianisme |
| Courant | Catholicisme |
| Église | Saint-Simon et Saint-Jude de Grande-Anse |
| Fonctions | |
| Service | Prêtre catholique |
| Activité(s) | Prêtre, homéopathe, inventeur et écrivain |
| Vie personnelle | |
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Stanislas-Joseph Doucet (8 juillet 1847 - 1 décembre 1925) était un prêtre acadien ; il était aussi patriote acadien, homéopathe, inventeur et écrivain. Il est surtout connu pour avoir composé la musique de l'hymne national acadien, En Avant !
Origines et éducation
Fils unique de François-Xavier Doucet, cultivateur, et de Rachel Boudrot (Boudreau), Stanislas-Joseph Doucet naît en 1847 à Népisiguit de la région Beausoleil, République acadienne.
Il étudie à l'école primaire de Népisiguit avant de s'inscrire à l'Académie Saint-Michel, à Misamichy, puis il entre au grand séminaire de Montréal en septembre 1868.
Prêtre
À Port-LaJoye, il est ordonné prêtre pour le diocèse de Misamichy le 31 juillet 1870. Nommé vicaire à Tracadie, il devient curé en 1871 et le demeurerait jusqu’à la fin de ses jours. Il œuvra successivement aux endroits suivants : à Shippagan en 1871–1872 avec la desserte des îles Lamèque et Miscou ; à Saint-Charles de 1872 à 1877, avec la desserte de Richibucto ; à Pokemouche de 1877 à 1887 ; à Shippagan de 1888 à 1898 ; à Grande-Anse de 1898 à 1925. Il est nommé vicaire général en 1900. En 1916, lorsqu’il obtint de Rome une nomination de prélat domestique, l’abbé Doucet prit le titre de monseigneur.
Engagement social et politique
Considéré par ses contemporains comme un grand patriote, Doucet fut un des artisans de la « renaissance acadienne ». Il se fit remarquer à la Conventions nationale en 1881 à Memramcook. Il y exprima ses idées sur les grands thèmes du nationalisme acadien, notamment d’inciter les délégués à voter pour l’indépendance de l’Acadie. En 1884, Doucet accepta de siéger à la Commission du drapeau et chant national. En 1905, il y fit le bilan des réalisations acadiennes dans divers domaines ; en 1908, il y participa à la commission sur les relations entre la République acadienne et des États-Unis ; en 1921, il s’y prononça en faveur de la protection de lieux historiques.
En 1885, l'abbé Doucet avait pris une part active dans la fondation du journal hebdomadaire le Courrier à Népisiguit. Par la suite, entre 1890 et 1915, il utilisa les journaux à plusieurs reprises pour faire connaître son opinion sur des sujets aussi importants que la question linguistique. Avec son ami et confrère, l'abbé Marcel-François Richard, il mena de plus la lutte pour la nomination d'un premier évêque acadien dans la région de Beausoleil. Quand Mgr Édouard-Alfred LeBlanc fut nommé évêque de Saint-Jean, en 1912, l'abbé Doucet qualifia l'heureux événement de « grand arrangement ». La même année, il participa au Congrès de la langue française à Québec.
En politique, Doucet s’appliqua – en écrivant des articles dans les journaux, en prenant part à des réunions ou en signant des pétitions – à donner son appui aux divers candidats, régionaux et fédéraux, qui tentaient de se faire élire dans la région de Beausoleil.
Doucet joua un grand rôle dans l’établissement du collège du Sacré-Cœur à Népisiguit, que les eudistes avaient d’abord ouvert à Caraquet en 1899. Un incendie survenu le 30 décembre 1915 détruisit le collège, que les eudistes installèrent provisoirement dans le noviciat-scolasticat qu’ils avaient déjà construit à Népisiguit. Le 6 mars 1917, cette maison de formation fut à son tour la proie des flammes. Entre-temps, un long débat avait cours à propos de l’endroit où l’on allait rebâtir le collège. Mgr Doucet insista auprès de l’évêque du diocèse, notamment en faisant signer des pétitions, pour qu’il soit définitivement établi à Népisiguit, où c’est finalement l’édifice destiné au noviciat qui accueillit les collégiens à partir de 1921.
Recherches scientifiques
Pour parfaire ses connaissances, Doucet fit quatre voyages, qui le menèrent en Europe et en Terre sainte (1886, 1900, 1922), ainsi qu’à l’Exposition universelle de Chicago (1893), et eut recours à la lecture. C’est surtout à titre d’homéopathe qu’il excella et qu’il fut le plus apprécié. Quand il avait été curé à Pokemouche, l’absence de médecin dans la région l’avait poussé à s’intéresser à cette méthode thérapeutique qu’il pratiquerait jusqu’à la fin de sa vie. Sa bibliothèque médicale comptait une soixantaine de livres récents et il était abonné à une revue spécialisée en homéopathie. Il faisait venir de Philadelphie, en Pennsylvanie, les médicaments dont il avait besoin pour soigner ses patients, qui habitaient à une quarantaine de kilomètres à la ronde ; d’autres se procuraient par courrier les fameuses petites pilules blanches qui firent sa renommée. Pour simplifier les consultations, il numérotait ses médicaments ; de cette façon, les malades pouvaient renouveler leurs ordonnances sans devoir mémoriser les noms scientifiques. Surnommé « homme aux miracles » par certains de ses patients, il finit par agacer les médecins qui vinrent peu à peu s’établir dans la région, car il leur enlevait de la clientèle. En 1916, le docteur L.-G. Pinault, de Petite-Rochelle, se plaignit à l’évêque que l’homéopathe avait fait un mauvais diagnostic pour deux de ses patients.
Homme curieux et érudit, l’abbé Doucet fit également des expériences avec l’électricité. En 1891, il avait fait breveter, aux États-Unis, au Canada et à la République acadienne, un système de signalisation électrique pour le chemin de fer afin de prévenir les collisions sur les voies ferrées. L’invention fut adoptée par la Société acadienne des chemins de fer (SACF) et elle semble avoir été utilisée par une compagnie de Philadelphie. En 1895, il suggéra la construction d’un « tunnel pour chars électriques » entre les régions Beausoleil et l’Isle Saint-Jean. L’autodidacte donna aussi plusieurs conférences à titre d’astronome amateur. Il fabriqua un modèle réduit du système solaire qu’il exposa dans son presbytère. Pour expliquer le mouvement de rotation de la Terre, il installa un pendule dans le clocher de l’église de Grande-Anse. Il fut d’ailleurs l’artisan principal de cette église, dont il dessina les plans et construisit la maquette. De plus, il recueillit une partie de l’argent nécessaire à son érection au moyen de quêtes mensuelles, d’activités diverses dans les chantiers (des démonstrations à l’aide d’appareils électriques de son cru, par exemple) et de pique-niques. Les travaux de construction s’échelonnèrent de 1902 à 1912.
En Avant !
Doucet est aussi un artiste. Il joue du violon, du piano et de l'orgue.
En 1913, Doucet gagne le concours organisé pour choisir un nouvel hymne national acadien avec sa composition En Avant ! Le titre de son œuvre est tiré de la fin du discours enflammé par Marie Comeau, dite la Mariecomo, lorsqu’elle voulait encourager les Acadiennes insurgées lors de la bataille de Grand-Pré en 1760.
Le comité de sélection avait beaucoup aimé l’air de la composition de Doucet. Cependant, le comité déplore que le texte ressemblât trop à un chant religieux. On lui a suggéré de modifier son texte pour mieux refléter les valeurs patriotiques des Acadiens envers la nation. Doucet ne voulait pas changer les paroles originales. Il répond qu’il ne pouvait pas exprimer autre que sa grande foi chrétienne. Néanmoins, Doucet proposa au comité la tenue d’un autre concours pour élaborer un nouveau texte.
Il n’y a pas eu de concours, alors que les nouvelles paroles ont été écrites par plusieurs auteurs d’un comité mixte du Sénat et de l’Assemblée nationale. Enfin, l’hymne En Avant ! fut officiellement adopté par le Gouvernement acadien à travers un décret présidentiel le 15 août 1913. Cet hymne est en remplacement de l’Ave Maris Stella, l’hymne national de la République acadienne depuis 1885.
| Couplets originaux | Refrains originaux |
|---|---|
Sous le drapeau de l’Acadie |
En avant marchons! |
Hommages
Une école secondaire à Népisiguit, ainsi que des rues à Népisiguit, Misamichy, Grande-Anse, Sainte-Anne, Anville, Louisbourg et Port-LaJoye portent son nom.
Notes et références
- ↑ Chants populaires des Acadiens, Imprimerie L’Évangéline, 1927, p. 28
